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De scène sans sous à scène sans nous

La proposition du MEDEF de relever de 507 à 557 heures annuelles le seuil ouvrant les droits à l’assurance chômage des intermittents n’est pas un simple ajustement comptable symbolique. C’est un geste politique où l’horloge déclarative détermine l’existence professionnelle .

Le régime des intermittents est un mécanisme d’adaptation à la discontinuité structurelle de l’emploi artistique. Le système des 507 heures tient compte de cette réalité.

Classés par une erreur de référencement dans l’annexe 8 des techniciens, et non dans celle des artistes, les heures des scénographes sont plafonnées à huit par jour.

Huit heures déclarées pour des journées qui, dans les faits, en comptent souvent bien davantage. Conception, réunions, maquettes, suivi d’atelier, présence aux répétitions, ajustements techniques : le travail réel excède très largement le cadre déclaratif. Dans ces conditions, relever le seuil d’accès aux droits revient, pour ces professionnels, à accroître une difficulté déjà patente.

Par ailleurs, les orientations budgétaires et environnementales de la politique culturelle visant à « mieux produire, mieux diffuser » ont conduit à une rationalisation des moyens: la diminution du nombre de productions et des engagements. Moins de spectacles, moins de dates, donc moins d’heures déclarables.

On ne saurait, sans contradiction, réduire le volume d’activité tout en élevant les conditions d’accès à l’indemnisation. L’équilibre du régime repose précisément sur une adéquation entre les opportunités de travail et les seuils requis.

Une politique culturelle se juge à sa capacité à maintenir la continuité des compétences et des talents. À défaut, la scène, déjà soumise à des contraintes financières, pourrait se trouver privée définitivement de nous

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