Archives de catégorie : Éco-conception

Rendre le spectacle durable pour rester vivant

30 REGARDS CROISÉS SUR LE SPECTACLE VIVANT POUR ESQUISSER DES PISTES ET DES PERSPECTIVES 

Les questions environnementales, énergétiques et sociales sont les enjeux du monde d’aujourd’hui et encore plus ceux de demain. Mieux les comprendre, c’est déjà anticiper les évolutions à venir. Cet ouvrage réunit 30 contributions pour décrypter les enjeux de la transition écologique appliqués au monde du spectacle vivant. Il a été pensé et conçu comme un partage entre pairs, de connaissances et d’expériences de terrain, invitant au dialogue entre professionnels et professionnelles du spectacle sur ce sujet crucial et donc incontournable. Préface de Camille Étienne Sous la direction de Nicolas Marc1ère édition – 236 pages

pour le commander en ligne :

https://boutique.lascene.com/common/product-article/536

L’UDS a été invité et associé à cette publication , avec un chapitre :

Poser un pied dans le réel des scénographes:

extraits:

Partant du constat d’une fin de partie, le vert gagne du terrain et revient sur les scènes de théâtre, là où il était proscrit par tradition de superstition (1). Depuis quelques temps on cherche des solutions à tire-larigot pour hacher menu nos émissions de carbone. Dans un étrange et passionnant mouvement pendulaire, on espère réconcilier éphémère et durable, dans un partenariat gagnant-gagnant !

Il y aura des gains et des pertes, nous dit-on, et le pragmatisme nous invite sans détour à voir dans chaque recommandation verte, une mesure d’austérité économique. L’occasion pour nous de tordre le cou à l’idée que l’espace vide prôné par Peter Brook (2) n’est pas la sphère du rien mais un potentiel créatif pour laisser place à quelque chose de nouveau. Le rien risque d’être malgré tout un point de dénouement fatal.

Par sa dimension matérielle, la scénographie est sans doute une des parties les plus polluantes dans la création d’un spectacle. Les matériaux employés et les moyens mis en œuvre pour construire, déplacer, stocker et jeter les décors suscitent aujourd’hui la mobilisation des professionnels du secteur pour penser de nouvelles méthodes de travail.

Pendant de nombreuses années, les scénographes ont été écartés des débats sur les enjeux du spectacle vivant. Avec les crises successives, notre regard retrouve un regain d’intérêt et une vision solidement ancrée dans la pratique et l’expérience. Le plan d’action ministériel  “ pour créer autrement “ devrait être complété par “ administrer autrement “, car ces nouveaux défis transforment en profondeur nos organisations et gouvernances pour faire évoluer les compétences opérationnelles relatives à nos métiers.

Certaines pratiques et solutions ne sont pas nouvelles. Souvent considérées comme révolues ou désuètes en période de prospérité, elles sont réactivées pour s’acclimater aux périodes de crises économiques.(3)

Penser l’innovation, c’est concevoir au-delà des besoins immédiats de la production d’un spectacle. C’est élaborer une chaîne complète d’actions prenant en compte la totalité du processus de création, de la conception à la fin de vie du décor et des costumes, en veillant à minimiser l’impact environnemental à chacune de ces étapes.

Outre l’impact des décors et des tournées, on mesure aujourd’hui combien il manque des espaces de stockage proportionnés et des ateliers de construction adaptés, mitoyens aux scènes pour développer des pratiques éco-responsables.

Il s’agit d’avoir une approche fonctionnelle du théâtre liée à une discipline vivante. Comme l’affirmait Winston Churchill : « Nous façonnons nos bâtiments, puis ce sont eux ensuite qui nous façonnent […] la configuration de nos espaces de discussion n’est pas neutre, elle dispose et oriente tout ce qui s’y dit et tout ce qui s’y fait » (4)

stratégie de transition écologique du ministère de la culture

Guide d’orientation et d’inspiration pour la transition écologique de la culture

Le guide fixe des cibles très concrètes, associées à un calendrier pour mener à bien la transition de la culture. Il porte sur les trois grands chantiers écologiques : décarboner et s’adapter au changement climatique, enrayer la crise de la biodiversité, accroître notre sobriété et la lutte contre les pollutions.

Le guide du ministère détaille les axes présentés dans un discours de la Ministre, Rima Abdul Malak, en septembre 2022 au Centre Pompidou. Il prend ainsi le relais des précédentes stratégies ministérielles de développement durable.

Créer autrement : de nouvelles pratiques durables

Définir des modes de production écoresponsables dans les différents secteurs : l’éco-production et le réemploi dans les décors et la scénographie.

Le fonctionnement des expositions et des scénographies dans le secteur de la culture implique souvent la création de déchets ou de l’achat de neuf dans le processus créatif. Cependant, un nombre croissant d’acteurs culturels fait aujourd’hui figure d’avant-garde en la matière, et recourent de plus en plus au réemploi et à l’éco-production.

L’éco-production et le réemploi font partie des démarches permettant de repenser la création. Leur mise en pratique nécessite cependant de poser un diagnostic clair sur l’impact environnemental des étapes successives du processus de production.

Les principes de l’économie circulaire appliqués au secteur culturel

L’économie circulaire peut être une notion très utile pour repenser les différentes étapes de la création culturelle, de sa diffusion; et plus largement interroger l’impact de nos pratiques culturelles.

Dans son guide sur l’économie circulaire des lieux culturels, la Ville de Paris préconise ainsi :

  • De développer la sobriété (en matériaux et consommation), en lien avec les artistes, des scénographies et spectacles
  • De produire des matériels scénographiques démontables pour faciliter la réutilisation ou le recyclage des éléments, et éviter d’avoir un principe constructif à usage unique
  • De promouvoir l’approvisionnement en matériels d’occasions, nécessitant en amont d’identifier les lieux où se procurer en biens de réemploi. Il faut aussi utiliser des matériaux intégrant une part de matière recyclée

En résumé, voici quelques objectifs à garder en tête lors du processus de création :

  • L’anticipation : chaque achat doit se faire en gardant en tête la réutilisation potentielle des matériaux utilisés à la fin de l’exposition.
  • Utiliser la création au service d’un récit écologique : communiquer sur l’objet et son processus de création permet de mettre en avant les étapes écologiques du processus.

https://www.culture.gouv.fr/fr/Thematiques/Transition-ecologique/Definir-des-modes-de-production-ecoresponsables-dans-les-differents-secteurs-l-eco-production-et-le-reemploi-dans-les-decors-et-la-scenographie

Les teintures naturelles dans le costume de scène et d’écran

Le 5 juin 2023

Il faut être précis dans la définition : les teintures naturelles s’opposent aux teintures de synthèse (le 1er colorant de synthèse date de 1856), parce que les teintures végétales sont également des teintures “chimiques” ; n’importe quel processus de teinture déclenche une réaction chimique.

Les intérêts des colorants naturels sont très nombreux, très diversifiés.

La différence majeure est chromatique. La teinture de synthèse est une imitation d’une molécule colorante naturelle, mais sans présenter la complexité des colorants naturels qui sont issus de plantes, car une plante possède une multitude de molécules colorantes, elles ne réagissent pas de la même manière d’une lumière à une autre. Et parfois d’une fibre à l’autre, on va avoir des couleurs très différentes, très profondes, très subtiles.

Il y a l’avantage écologique, mais ce n’est pas parce que l’on utilise des colorants naturels que l’on est dans une démarche totalement écologique. Le bilan carbone le plus lourd est celui de la production du tissu lui-même, ensuite la quantité d’eau utilisée pour le mordançage, la teinture et les différents rinçages, l’utilisation de produits adjuvants (alun de potassium, acétate d’aluminium…) sont très nombreux en teinture naturelle. Il faut connaître les produits que l’on utilise. Certaines teintures de synthèse consomment très peu d’eau comparées aux teintures naturelles. C’est important pour moi de nuancer le propos et de ne pas diaboliser à 100% les colorants de synthèse.

le CR complet commission éco-costumes de l’UDS à télecharger ci dessous

CONSTRUIRE LA DURABILITÉ DE NOS EXPOSITIONS

Comment envisager et concevoir des productions culturelles qui prennent en compte l’urgence environnementale et s’inscrivent dans une démarche écologique et solidaire ? Comment réduire l’empreinte écologique des expositions ? Quels nouveaux modèles de production ? Quelles méthodes, principes et expérimentations ?

différents guides de bonnes pratiques et de méthodologie, des idées hors normes pour créer autrement nos expositions.

Les métiers au service de la conception et de la production des expositions sont en pleine reconfiguration dans l’optique de concilier activité et pratiques professionnelles avec les enjeux liés au développement durable et à l’éco-responsabilité. Comment concilier les impératifs de réalisation d’une exposition avec ceux de la conservation préventive ? Comment soutenir la qualité esthétique des ouvrages de scénographie tout en intégrant des critères de durabilité et de réemploi ?  Quelles sont les recommandations actuelles dans ces domaines ?

Le changement dans les comportements liés à la transition écologique ne se réduit pas à agir sur notre empreinte carbone et passe avant tout par la mise en place de pratiques professionnelles éco-responsables. L’accompagnement au changement dans la gestion des projets d’expositions en fait partie.

L’éco-conception des expositions, qui s’inscrit au coeur de la transition des musées, interroge et implique d’importants changements dans leur mise en oeuvre : comment acheter mieux et moins ? Comment réemployer, trier et recycler ? Comment former les équipes et impliquer les prestataires et fournisseurs dans cet effort ? La chronologie et la méthodologie des expositions doivent-elles changer (travailler plus en amont et plus en aval, de manière beaucoup plus interactive entre commissaires, scénographes, prestataires et publics) ? Comment permettre le réemploi et où stocker le matériel ? Doit-on réduire le nombre d’oeuvres empruntées et limiter l’éloignement de leur provenance ? Des productions et des dispositifs numériques peuvent-ils se substituer en partie aux oeuvres physiques ? Comment favoriser les co-convoiements, limiter la production de caisses de transport, encourager les constats d’état en «distanciel » ? Si l’éco-conception coûte plus cher, comment se répartit l’éventuel surcoût entre les différents corps de métiers impliqués alors que leurs intérêts économiques peuvent être contradictoires ?

  • Structurellement se pose pour les musées la question de la gestion de leurs sites et de leurs collections :politique de gestion des déchets
    (« waste management »), consommation électrique del’éclairage, isolation thermique des bâtiments,
    conditions climatiques et hygrométriques de
    conservation des oeuvres, matériel nécessaire à la conservation préventive et au stockage des oeuvres.

Guide d’universcience:

Guide Palais des Beaux arts de Lille :Un musée en transition, guide pratique de l’éco-conception.

Guide Paris Musée : Développer l’économie circulaire dans les lieux culturelsparisiens.
Ville de Paris.

Site le Corbusier:

Quelques ressources bibliographiques

Guide du développement durable pour les muséescanadiens.
(2006).

Guide on Museums and the Sustainable DevelopmentGoals.
Curating Tomorrow. (2019).

Scénographie et écoresponsabilité

JTSE 23/11/2022 Table ronde proposée par la fédération XPO, la fédération des concepteurs d’exposition (www.xpofederation.org ), propose une table ronde transdisciplinaire autour des enjeux de la scénographie écoresponsable du spectacle vivant et de l’exposition.Intervenants :

  • Camille Dugas, VP de l’UDS pour présenter l’UDS et les enjeux de l’écoresponsabilité dans le spectacle vivant
  • Philippe Maffre, administrateur de l’association Scénographes et administrateur de XPO va présenter l’écoresponsabilité dans la scénographie d’exposition
  • Stéphanie Daniel, membre de ACE et secrétaire générale de XPO, va présenter l’écoresponsabilité dans le domaine de l’éclairage,
  • Adeline Rispal, membre de l’UDS et VP de XPO, j’introduirai à l’approche globale archi / scéno d’exposition pour expliquer le besoin de collaboration entre tous les acteurs.
https://www.youtube.com/watch?fbclid=IwAR3fxEoidAzdHTkv-A1bYN5wGxkUbOworNNLPdHq_1FJ1tPjZuruj0m4iIg&v=ljUMKvFDMJk&feature=youtu.be

Manifeste de l’éco-scénographie / DECLARATION OF ECO-SCENOGRAPHY

Pour une déontologie des pratiques d’éco-conception / For a deontology of eco-design practices . Find this Declaration in diferents languages :English, Italian, and Spanish

Ce manifeste est un appel à la mobilisation de tous les acteurs pour s’inscrire dans une démarche commune d’éco-conception,
ceci afin de promouvoir et de réguler les pratiques de réemploi des scénographies et des costumes dans le secteur du spectacle vivant.
/

This declaration is a call for the mobilization of all actors to take part in a common eco-design approach, in order to promote and
regulate the practices of reuse of sets and costumes in the live show sector.

« Personne ne sait encore à quoi ressembleront les scénographies réalisées dans la réalité de l’urgence climatique.
Les créateurs répondront à cette question projet par projet.
Tout au long de son histoire, le théâtre a fait preuve d’une extraordinaire capacité de réinvention.
Les prochaines années doivent être considérées non pas comme une restriction, mais comme une invitation à un changement créatif dynamique. »
Theater green book

Il paraît évident, pour L’UDS : Union des scénographes, d’inciter la profession à adopter des comportements en adéquation avec les changements climatiques observés pour créer des nouvelles pratiques durables.

La quête d’une unité professionnelle étant au cœur de la création de l’UDS, ce Manifeste traduit la volonté de coordonner les pratiques d’éco-conception et les attitudes des professionnels en évolution constante face aux enjeux climatiques. Ces préoccupations écologiques s’accompagnent de la recherche d’outils adaptés aux scénographes en faveur de l’économie durable, circulaire et régénératrice.

Les scénographes sont ici, et pour la première fois encouragés à adopter une posture forte et partagée sur le réemploi des scénographies existantes afin d’en favoriser massivement la pratique, tout en veillant à protéger les droits de chacun. 

Ce Manifeste s’adresse également aux directeurs artistiques, producteurs, direction technique… et vise à rappeler les droits et les obligations des scénographes et des producteurs face au réemploi des scénographies. Les éléments énoncés se rapportent à la législation, à la jurisprudence et à la réglementation applicables. Ils se fondent également sur des usages professionnels reconnus, dans le respect des intérêts de chacun et propose une méthodologie claire afin de promouvoir sans ambiguïté la valorisation de l’existant et réduire la pression environnementale. 

En parallèle de ce Manifeste l’UDS souhaite appeler les grands acteurs du spectacle et de l’exposition au développement d’outils commun permettant l’anticipation dans le « sourcing » des matériaux de réemploi. L’UDS demande par ailleurs la transformation des méthodologies de planification et gestion de toute création afin que les objectifs de réemploi soient correctement estimés et intégrés dans le processus général de création et de travail.

Le réemploi et la valorisation des ressources existantes, est notre objectif commun et nous y parviendrons. Il est temps de mobiliser l’aphorisme d’André Gide « L’art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté. “

Nowadays, reuse is one of the reference practices of the circular economy: from the material resource, it is also the counterpart of the legal obligation to take seriously the copyrights of the creators. The search for a professional unity is at the heart of the action of the UDS (Union des Scénographes). This manifesto translates the desire to coordinate practices in order to encourage the profession in adopting behaviors that create new sustainable practices. Set designers are here, and for the first time, encouraged to take a strong and shared position on the reuse of existing sets in order to massively promote this practice, while ensuring the protection of everyone’s rights. These ecological concerns are accompanied by the search for methodological tools suitable for set designers, producers and technical directors in favor of the sustainable and circular economy. The elements displayed comply with the principles established by the law, the jurisprudence and the applicable legislation. They are also based on recognized professional practices, respecting the interests of all. The reuse and valorisation of existing resources is our common goal and together we will achieve it!

L’UDS est fier et heureux de présenter le Manifeste dans différentes langues, nous remercions nos consoeurs: Serena Treppiedi de ÉCOSTAGE www.ecostage.online et Esther Garrido de Escenario Zero https://escenariozero.com/ pour la traduction

Scénographies : repenser, réduire, réutiliser ou recycler les décors d’opéras

Journée professionnelle Mardi 8 novembre 2022 à l’opéra de Limoges, espace Simone Veil

L’Opéra de Limoges en partenariat avec le Collectif ARVIVA et L’UDS organise à l’occasion de la création La Princesse Jaune et autres fantasmes dans une mise en scène et scénographie d’Alexandra Lacroix et Fanny Laplane collaboratrice à la scénographie, une journée de débats sur les enjeux d’éco-responsabilité dans la scénographie du spectacle vivant

Vers une production éco-responsable : l’exemple de
La Princesse jaune et autres fantasmes
Quels problèmes posent la réutilisation de décors ou
l’utilisation de nouveaux matériaux ? Véritable solution
environnementale et durable ou étape vers de nouvelles
modalités de création et de fabrication ?

La prise en compte des problématiques
environnementales dans la production lyrique : de
nouveaux enjeux.

Comment les institutions et compagnies lyriques prennent-elles
en compte les problématiques environnementales et écologiques
Avec quels moyens (place des pouvoirs publics) ? Sous quelles
modalités (nouvelles mutualisations, nouvelles modalités de
production, nouvelles synergies…) ?

programme complet

https://www.operalimoges.fr/agitateurlyrique/reservation/journee-detude-decor-et-developpement-durable

L’éco-responsabilité et ses conséquences financières: la baisse des couts vraiment ?

débat dans le cadre de la 7e édition de Think Culture au Centre Pompidou (Paris 4e), organisée par News Tank Culture, le 06/09/2022.

Les intervenants :
Thibault Sinay, président de l’Union des Scénographes, membre fondateur de XPO – Fédération des concepteurs d’expositions
Julien Bernard, président de Nova Consulting
Patrick Comoy, chargé de la transition écologique auprès du secrétaire général du ministère de la Culture
« Produire en pensant à l’usage d’un élément, à son cycle de vie et à ce qu’il va devenir demain »
« Les notions d’éco-conception et de réemploi obligent à penser au-delà des besoins immédiats que demande la production d’un spectacle ou d’une exposition. Nous devons produire en réfléchissant à l’usage d’un élément, à son cycle de vie et à ce qu’il va devenir demain. Comment le stocker ? Comment le réemployer ? Comment le démanteler ? », indique Thibault Sinay, président de l’Union des Scénographes, lors du débat « L’éco-responsabilité et ses conséquences financières : la baisse des coûts, vraiment ? » dans le cadre de la 7e édition de Think Culture au Centre Pompidou (Paris 4e), organisée par News Tank Culture, le 06/09/2022.

« Très souvent, les enjeux de responsabilité écologique visent à améliorer l’empreinte carbone, à moins consommer au sens large et donc à moins dépenser. La conséquence est que ces mesures coûtent plus cher en investissement, nécessitent une réflexion stratégique, des coûts d’ingénierie (…) Les contraintes économiques des institutions faisaient qu’elles avaient tendance, historiquement, à privilégier une vision à très court terme. Aujourd’hui, les mentalités évoluent », déclare Julien Bernard, président de Nova Consulting.

« Avant même d’entrer dans l’ajustement et l’orientation des financements, figurent des choses incontournables comme le fait de pouvoir mesurer, de savoir ce que telle activité ou telle action a comme impact. Ce n’est pas encore fait pour tous les secteurs et toutes les activités. Nous devons nous assurer que ce type de processus devienne plus simple, que des outils soient rendus disponibles, partagés, parfois labellisés. Il nous faut aussi nous assurer que ces outils sont de bons outils et que chacun puisse s’en saisir, notamment en les rendant disponibles en open source. La deuxième chose incontournable est la possibilité pour les acteurs des filières culturelles de se former », ajoute Patrick Comoy, chargé de la transition écologique auprès du secrétaire général du ministère de la Culture.

« Le réemploi oblige à penser au-delà des besoins immédiats de la production »

News Tank rend compte des échanges de la journée Think Culture ici : https://culture.newstank.fr/

L’approche durable de l’exposition

Par: Adeline Rispal, architecte, scénographe, présidente fondatrice de XPO Fédération des concepteurs d’exposition

extrait article ci dessous.

lien complet :

1. L’approche durable et holistique

L’écoconception de la scénographie des expositions s’entend le plus souvent comme une approche écologique des moyens mis en œuvre pour concevoir et réaliser une exposition. À cette approche écologique, à la fois indispensable et réductrice, nous préférons une approche durable, à savoir plus globale.

2. Écoconception vs économie durable

L’accélération des désordres environnementaux et leur médiatisation ont augmenté la prise de conscience de tous et engendré un début de changement de paradigme bénéfique dans le monde des expositions, qu’elles soient artistiques, historiques ou scientifiques, ces dernières ayant un train d’avance sur les autres.
Le spectacle vivant, lui aussi, a entamé sa transition écologique depuis plusieurs années.
À part quelques exceptions, ce n’est que depuis 2020 que les professionnels des musées et des expositions se mettent à penser l’écoconception. Les plus vertueux se fédèrent afin de mutualiser les recherches ; des plateformes se construisent pour permettre à tous de s’emparer de ces problématiques3.

3. Transitions écologique et numérique, une injonction paradoxale ?

À côté de cela, la transition numérique va bon train à grands renforts de subventions.
Les musées s’en emparent comme d’une bouée pensant sortir de la crise pandémique en retrouvant les visiteurs disparus au fond de leurs canapés. C’est vrai, pourquoi bouger ? On devrait s’interroger sur les conséquences d’une self-culture qui se livre désormais à domicile plus vite qu’Uber Eats… il en est encore temps.
Mais plus immédiatement, ne sommes-nous pas en train de rendre l’économie de la culture totalement dépendante du numérique, elle qui ne se nourrit que d’indépendance ? Alors même que nous sommes déconfinés, la désaffection persistante des théâtres, des cinémas et des musées, récemment analysée dans le rapport du Ministère de la Culture5, ne va-t-elle pas s’inscrire dans la durée ? Des pratiques culturelles à deux vitesses (présentielles et distancielles) ne sont-elles pas en train de se mettre en place ?

En conclusion

En mai 2020, dans Le Monde, XPO a appelé de ses vœux la création d’un Centre national de l’exposition14 afin de doter l’écosystème de moyens d’échanges, de recherche et de coordination pour en assurer les transitions écologique et numérique.
Plus de 100 millions de visiteurs fréquentaient des expositions en France en 2019 (200 millions de spectateurs par an allaient au cinéma). Nous nous posons la question du renouvellement de ces publics. La recette miracle pour une approche durable est-elle dans le seul numérique même s’il peut y participer et notamment dans la production de savoirs et dans l’inclusion ? La réflexion est à pousser dans un échange transdisciplinaire sur les enjeux des expositions.
On innove, pour l’instant, dans une vague d’expositions « immersives et sensorielles » favorisant une fascination plus qu’appropriation, une approche plus collective qu’individuelle, et qui toucherait plus aisément des jeunes publics usagers du numérique. Mais à quel prix pour la diffusion de la culture dont l’objet est bien, encore et toujours, l’individuation, essentielle au développement de notre civilisation ? L’empathie esthétique15, seul vrai vecteur d’une rencontre avec les œuvres humaines et de la nature, n’a rien d’un processus collectif. Albert Camus reste d’actualité : « Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. »16

Adeline Rispal, architecte, scénographe, présidente fondatrice de XPO Fédération des concepteurs d’exposition

  1. https://www.ademe.fr/expertises/developpement-durable/quest-developpement-durable
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_durable#/media/Fichier:Sch%C3%A9ma_du_d%C3%A9veloppement_durable.svg
  3. https://lesaugures.com/ et leur partenaire Scénogrrraphes, collectif coordonné, entre autres, par Annabel Vergne.
  4. https://www.code-commande-publique.com/remuneration-du-maitre-doeuvre/
  5. https://www.culture.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Pratiques-culturelles-des-Francais-Bilan-a-la-fin-de-l-ete-2021
  6. cf Étude du CREDOC https://www.cairn.info/revue-culture-etudes-2020-6-page-1.htm
  7. https://theshiftproject.org/article/deployer-la-sobriete-numerique-rapport-shift/
  8. https://theshiftproject.org/plan-de-transformation-de-leconomie-francaise-focus-sur-la-culture/
  9. https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/alt/DLR5L15N40696
  10. https://ceebios.com/
  11. https://secoya-ecotournage.com/
  12. Définition de l’exposition sur le site de XPO : https://www.xpofederation.org/les-administrateurs
  13. https://www.cinov.fr/syndicats/xpo
  14. https://www.xpofederation.org/l-appel-a-la-creation-du-cne
  15. Pierre Lemarquis, L’empathie esthétique, Ed. Odile Jacob, 2015
  16. Citation dans un entretien en 1951

Bilan Enquête sur l’éco-conception pour les scénographes et créateurs et créatrices costume Résultats

Besoin de l’enquête européenne


L’UDS (Union Des Scénographe) anime une commission Développement Durable créé lors de son AG de 2020.
Durant l’année 2021 le besoin d’un état des lieux de la pratique de l’éco-conception dans le métier est apparu
afin de faire ressortir des besoins et problématiques communes. Initialement, l’enquête avait été pensée pour
alimenter une exposition sur le sujet lors des Rencontres Européennes de la Scénographie. L’événement a été
annulé pour cause de covid ainsi que l’exposition.
Ce document répertorie les réponses à cette enquête. Il ne présente pas des recommandations de l’UDS mais
est une base de données. Le but est de mettre en dialogue nos pratiques et créer une dynamique collaborative
autour de la question de l’éco-conception.
Les participants

  • 94 participants dont 16 créateurs basés et/ou travaillent à l’international (Canada, Allemagne, Royaume Unis,
    Danemark, Finlande, Norvège, Suisse, Belgique, Autriche, Maroc, Chine, Russie)
  • 51 % de scénographes, 35 % de créateurs et créatrices costumes, 14% exercent les deux métiers
  • 72 % travaillent dans le théâtre, 20% à 30% travaillent dans l’opéra, l’exposition, l’événementiel,la danse, et
    10% à 20% travaillent dans le cinéma, le cirque et les arts de la rues
  • 44% ont entre 30 et 40 ans, 19 % ont entre 20 et 30 ans ainsi qu’entre 40 et 50 ans, 13 % entre 50 et 60 ans, et
    5% plus de 60 ans

télécharger le bilan de l’enquête complète.